Un rendez-vous que je ne louperais pour rien au monde

Bonne question ! Retrouvez une nouvelle partie de Je n’ai pas oublié. Et découvrez qui est cette mystérieuse femme que recherche Sarah.

Pour relire les parties précédentes :

1. Le diable habite à quelques rues de chez moi

2. On ne change pas

3. Il ne me remarque pas

Bonne lecture !

Ma curiosité est piquée au vif. Qui est cette Delphine Crouzard ? Cette femme qui a détourné Luc de ses vœux nuptiaux. Je veux absolument tout savoir de celle avec qui il échange ces textos enflammés. Ce qu’elle fait, où elle vit et qui elle est. L’intime conviction de détenir un secret qui pourrait réduire en cendres tout ce qu’il a construit, me réjoui.

Internet serait le plus à même d’étancher ma soif de curiosité sur cette fameuse Delphine Crouzard. Malheureusement, je reste assoiffée. Je ne trouve strictement rien sur cette femme. Pas l’once d’une photo, d’un post ou même de son nom sur les premières pages de recherche. Il semblerait que Luc se soit amouraché d’un fantôme. Je pensais pourtant être la seule à revenir le hanter. Je ne me décourage pas et poursuis mes recherches. Mes modifications orthographiques n’y changeront rien. Delphine Crouzard n’existe pas que j’enlève un d, que je rajoute un r ou que je mette un t. Elle n’a rien fait qui ait laissé une empreinte digitale.

Étonnant pour un homme qui avait un goût prononcé pour les naïades. Il les avait toujours aimées élancées, saisissantes de beauté et dotée d’une certaine notoriété. Je m’imaginais cette Delphine dans la continuité des filles dont il adorait être entouré. Luc avait toujours eu du succès auprès de la gent féminine et sa belle gueule de trentenaire devait en avoir tout autant. Malheureusement, rien dans ces échanges ne m’en dit davantage sur cette mystérieuse femme. Il n’évoque pas la rondeur de ses seins, la douceur de ses hanches ou encore la fraîcheur de son parfum quand il lui baise le cou. Il ne fait que répéter qu’elle lui manque inlassablement. Tant de bons sentiments réveillent en moi les plus vils. Je préviens mes clients que je serais peu joignable ces deux prochaines semaines. Je peux me consacrer à détruire Luc et  ôter ce sourire carnassier.

Un énième message de la maîtresse me tire de ma léthargie. Delphine donne rendez-vous à Luc dans un bar en banlieue parisienne. Un lieu assez éloigné pour plus de discrétion, à l’abri des carcans des mondanités parisiennes. Je prie pour qu’il accepte de la voir. Il y concède. Nous avons rendez-vous au Brugnon demain soir à vingt heures. Un rendez-vous que je ne louperais pour rien au monde.

Je suis aussi nerveuse que si je me rendais à un véritable rencard. Que vais-je porter ? Quelle coiffure vais-je arborer ? À trois reprises, j’avais suivi Luc. Il est hors de question que je foute tout en l’air parce qu’il m’a reconnue. Une fois de plus, je me fondrais dans le décor. Ma tenue pour passer totalement inaperçue avait donc toute son importance.

Je choisis de ramener mes cheveux en chignon. Je lutte avec quelques frisottis que je ne parviens pas à maîtriser et qui déroutent mes doigts pleins de ce terrible liquide visqueux pour les plaquer. Ma tenue est sobre, rien que du noir pas de couleur criarde qui trahirait ma position. Je chausse des petites baskets, certes usées, mais avec lesquelles je pourrais courir un marathon si besoin. Me voilà fin prête pour le rendez-vous de ma vie.

J’arrive avec dix minutes d’avance. Le bar ressemble à un vulgaire qg de quartier pour âmes esseulées. La pancarte racoleuse de la pinte la moins chère de la région doit rameuter tous les assoiffés des environs. Je fais les cent pas et scrute ma montre à chaque seconde. Quelques femmes se présentent, toujours accompagnées d’un homme ou d’amies. Il est peu probable que Delphine se soit glissée parmi elles.

Il est vingt heures et toujours pas de Luc ou de sa maîtresse qui se profile à l’horizon. Je m’impatiente. Le bar se remplit peu à peu. Seules quelques places libres restent aux côté d’un homme solitaire qui semble noyer ses chagrins dans sa troisième pinte de bière et un groupe d’étudiants déjà bien éméchés. Vingt-heures quinze, serait-il possible que le rendez-vous soit annulé ? Je regarde mon portable. Je ne vois aucun message ni de Luc ni de Delphine.

Mon téléphone vibre. Mon cœur se serre. “Pourvu que ce ne soit pas annulé”, supplie-je.

Où es-tu ? Je suis dans le bar, je t’attends depuis un quart d’heure.

J’arrive. Je sors du métro.

Je manque de m’étrangler. Comment ai-je pu passer à côté d’elle ? Depuis une demi-heure, je dévisage chaque femme qui se présente sous le perron du bar. Petite, grande, mince, ronde, à talons, en basket, toutes sans exception ont été soumises à mon radar. Je scrute une fois de plus le bar à la recherche de cette mystérieuse femme. Aucune ne semble correspondre à la Delphine que j’imagine. Puis, aucune n’est assez seule pour être celle que je recherche.

Je tourne la tête et aperçois Luc trottiner en direction du bar, ce même béret et cette écharpe rouge nouée délicatement autour du cou. Il entre dans le bar. Je le suis. Il se dirige vers une table. Mon cœur bat je vais enfin l’apercevoir. Luc est de dos. Une main vigoureuse lui presse la taille et une autre lui saisit fermement le cou pour l’embrasser. Trente minutes à chercher une beauté renversante. Saisissante oui mais j’étais loin d’imaginer qu’elle porterait une barbe de trois jours. Delphine est donc un homme; cet homme solitaire qui en était à sa troisième pinte.

La suite est disponible ici.

Alors qu’avez-vous pensé de cette partie ? Dites-moi tout en commentaires.

Une réflexion sur “Un rendez-vous que je ne louperais pour rien au monde

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