Du premier jet au manuscrit

Des semaines que la relecture et la correction de mon recueil de nouvelles Si j’avais su traînaient sur ma to-do. Je suis soulagée, à présent, de vous annoncer que j’ai enfin pu relire et corriger les quatorze nouvelles du recueil. Ce fut fastidieux mais j’y suis enfin arrivée. Il était temps vous me direz. J’avais prévu de vous écrire un article sur ma méthode pour corriger ce recueil et donc aboutir à un manuscrit en partant du premier jet.

Certains recueils peuvent, par exemple, contenir des nouvelles dont l’intrigue tournent autour du même protagoniste ou se déroulent dans un même lieu et donc avoir des nouvelles qui sont plus ou moins dépendantes des unes des autres. Ce n’est pas le cas du mien. Mon recueil est composé de nouvelles qui sont totalement indépendantes les unes des autres. C’est le cas de mon recueil. Elles n’ont comme point commun que le simple fait de commencer par la même phrase “si j’avais su”. Cet élément aura son importance pour la suite.

Le temps de repos et première relecture

Après avoir terminé le premier jet en décembre, j’ai décidé de laisser mûrir le recueil près de deux mois pour prendre davantage de recul au moment de la relecture. Je me suis attelée à d’autres tâches, notamment à ce blog et à l’écriture de mon premier roman.

Les deux mois écoulés, j’ai commencé par relire au global le recueil. Dans cette phase, je ne fais aucune annotation. Je relis chaque nouvelle en me glissant dans la peau du lecteur. À la fin de cette première relecture, je note mes impressions sur le recueil au global. Je relève ce que j’ai apprécié et je me note les points sur lesquels j’ai tiqué de manière générale. Ça peut concerner l’enchaînement des nouvelles, la structure du recueil ou autres.

Correction de fond

Corriger le fond, c’est apporter une attention particulière aux deux piliers du recueil : l’intrigue et les personnages.

Mes nouvelles sont indépendantes les unes des autres. J’ai donc dû retravailler le fond pour chacune d’entre elles.

Fignoler le synopsis et l’intrigue

J’ai eu très peu à retoucher cette partie car même pour l’écriture de mes nouvelles, j’accorde une très grande importance à établir un plan bien détaillé. Cela m’évite les écueils au niveau de l’intrigue. Toutefois, j’ai dû rajouter quelques scènes sur une nouvelle pour pallier aux faiblesses de l’intrigue et rendre la chute plus crédible.

Retravailler les personnages

Je me suis attaquée surtout à la cohérence de mes personnages. Je me suis assurée que leurs prises de position, leurs sentiments étaient crédibles par rapport à ce que je montrais d’eux et à ce que je leur faisais dire. Il est également possible de faire un twist dans cette phase de la relecture . Dans une de mes nouvelles, j’ai, par exemple, remplacé le protagoniste qui était initialement un homme par une femme.

Peaufiner l’organisation du recueil

Je vous ferai un article dédié sur ce point qui sera dans le dossier consacré à la nouvelle. Un recueil de nouvelles ne se constitue pas au pifomètre ou au feeling. Personnellement, j’ai souhaité qu’il y ait une réelle réflexion dans l’enchaînement de mes nouvelles. J’ai découpé mon recueil en fonction des grandes périodes de la vie : l’adolescence, la vie professionnelle, la parentalité, etc… . Je me suis également assurée qu’il y avait un certain rythme, d’autant plus que chaque nouvelle commence par la même phrase, je voulais vraiment casser la monotonie et l’ennui que cette contrainte pouvait générer. Dans chaque partie, je faisais en sorte qu’une nouvelle plutôt longue soit suivie d’une nouvelle courte ou de taille moyenne. Je jonglais également avec le langage, tantôt commun, tantôt juvénile ou familier.

Correction de la forme

Après avoir corrigé le fond de mon recueil, je me suis concentrée sur la forme pour chacune de mes nouvelles.

La forme, c’est la phase qui va vous ramener à vos années scolaires, si comme moi vous avez quitté les bancs de l’école depuis un moment déjà. Ici, on s’attaque aux répétitions, aux erreurs de syntaxe, à la surutilisation des verbes avoir, être ou faire, au vocabulaire bref au style global de votre texte.

Beaucoup d’entre vous préfèrent traquer les fautes en imprimant votre manuscrit. Personnellement, je n’ai rien imprimé et j’ai fait toutes mes corrections sur ordinateur. L’une des erreurs que j’ai commises et que je ne pense pas recommencer avec la correction de mon premier roman, c’est de m’attaquer à toutes les fautes au même moment. Je pense très sincèrement qu’il vaut mieux faire une lecture pour chaque type de fautes.

Commencez d’abord par traquer les erreurs de syntaxe, les répétitions puis le vocabulaire et finissez par l’orthographe. Cette méthode vous permettra de relire plusieurs fois vos nouvelles et donc de ne rater aucune faute.Tout comme pour mon recueil, j’aime alterner les tailles de mes phrases pour dynamiser mon texte. Je vérifie donc également la musicalité de mon récit en le lisant à haute voix.  

Les bêtas-lecteurs

Quand j’ai enfin terminé la correction en long, en large et en travers de mon recueil et fini de scruter la moindre faute, j’ai soumis mon manuscrit à des bêtas-lecteurs.

Qu’est-ce qu’un bêta-lecteur ?

Hérité de l’univers du jeu vidéo, le bêta-lecteur est une personne humaine qui lit un ouvrage avant sa publication pour en relever les faiblesses en détail.

Le bêta-lecteur n’est pas un correcteur. Il n’a normalement pas vocation à relever les fautes d’orthographe ou autres mais rien ne l’en empêche s’il en voit lors de la lecture du texte. Il est surtout là pour relever les faiblesses au niveau du fond de votre texte, donc ce qui concerne principalement l’intrigue et les personnages mais il a bien évidemment un regard aussi sur les répétitions, la syntaxe, etc…  

Où trouver des bêtas-lecteurs ?

Essayez si possible de prendre des personnes qui ne vous connaissent pas et qui ne se soucieront donc pas de vous dire la vérité sur votre texte. Dans un premier temps, j’ai fait lire mon texte à mon conjoint et à quelques amis qui m’ont plutôt fait de bons retours. Toutefois, il était essentiel que j’aie des critiques de véritables bêtas-lecteurs, des personnes qui lisent beaucoup et surtout qui ne me connaissent ni d’Ève ni d’Adam.

La meilleure façon de trouver des bêtas est selon moi de fréquenter des plateformes ou forums d’écrivains. Personnellement, j’ai trouvé les miens sur un groupe Facebook qui met en relation blogueurs, auteurs et bêtas-lecteurs dont voici le lien. J’envisage peut-être de faire un article entier sur le bêta-lecteur car je pense qu’il faut suivre certaines règles pour bien les sélectionner.

Comment les briefer et intégrer leurs retours ?

J’ai eu deux bêtas-lecteurs certains en prennent cinq au-delà je pense que ça devient chronophage d’intégrer leurs retours.

Je n’ai donné que très peu d’instructions. J’ai juste indiqué la date à laquelle j’aimerais avoir leurs retours. Je les ai mis en garde sur le langage argotique de certaines de mes nouvelles qui ne les ont pas dérangé.

Globalement, j’ai eu des retours hypers positifs, encourageants et surtout très pertinents sur mon recueil qui m’ont permis de le parfaire. J’ai, la plupart du temps, fait les modifications proposées par mes bêtas. Gardez en tête que vous n’êtes pas obligé d’introduire leurs retours. Vous êtes l’auteur et si vous n’êtes pas d’accord avec certains points, c’est à vous que revient la décision finale de modifier votre texte ou pas.

Après avoir intégré les derniers retours, j’ai fait quelques repasses sur la correction du recueil. À ce stade, votre manuscrit est finalisé. Selon votre mode d’édition, vous pourrez le soumettre aux maisons d’édition traditionnelles après moult vérifications ou faire appel à un correcteur professionnel pour traquer les dernières fautes pour l’auto-publication. Quelle que que soit votre décision, prenez le temps de vous féliciter pour ce que vous venez d’accomplir. Vous avez créé une histoire, fait naître des personnages, donné vie à un univers.

J’espère que cet article vous a plu. À l’heure où j’écris ces quelques lignes, je peux enfin le crier, j’ai fini mon premier manuscrit. J’ai soumis mon recueil à plusieurs maisons d’édition, sept pour être exacte.

Et vous où en êtes-vous dans vos projets d’écriture ? Un manuscrit se profile-t-il à l’horizon ?

Crédit photo : Melinda Gimpel, white and pink floral notebook on table sur Unsplash

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