Ne ratez plus vos descriptions de roman

Il était temps que je cesse mes bavardages avec mes petites histoires pour vous partager un autre conseil d’écriture. Aujourd’hui, je souhaitais vous parler de la description dans la narration (roman, nouvelle, conte, etc…). Pourquoi ? Parce qu’en ce moment avec la relecture d’Épouse-moi ! Je suis en plein dedans et que je sais qu’il s’agit du talon d’Achille de beaucoup d’écrivains.

Loin de faire l’unanimité dans le monde de l’écriture, la description est pourtant essentielle à l’appréciation de votre roman, nouvelle ou autre. Les non-adeptes lui reprochent de ne pas faire avancer le récit, de casser le rythme voire de le plomber. À cela, je réponds que tout est une question de dosage comme avec tout vous me direz. Il s’agit d’utiliser la description dans votre roman avec parcimonie.

Ce sont les Zola, Balzac et autres consors réalistes qui ont mis au goût du jour les longues descriptions dans leurs romans, des retranscriptions d’ambiance, de paysages, de métiers pointant le moindre détail et s’étalant parfois sur des pages entières. Pour être totalement transparente avec vous, je ne suis pas une grande fana des descriptions. Que celui qui n’a jamais allègrement sauté des passages descriptifs de Zola me jette le premier crayon à papier. Je l’avoue l’adolescente flemmarde que j’étais faisait l’impasse sur les longues descriptions. L’essence même du réalisme est justement de dépeindre une réalité sociale. Il n’est donc pas étonnant que Zola s’évertue à brosser le portrait des mineurs dans Germinal ou que Maupassant décrypte le monde cruel du journalisme et de la société bourgeoise dans Bel-Ami.

A contrario, certaines narrations ne s’étendent pas du tout sur la description. Cette dernière est carrément inexistante. Les Anglo-Saxons parlent du White Room Syndrom (syndrome de la pièce blanche). Le lecteur dispose de si peu d’informations sur le lieu que les scènes pourraient tout aussi bien se dérouler dans une pièce blanche qu’on n’y verrait que du feu.

Je viens de vous exposer ici deux types de description aux antipodes. Une première qui s’attarde dans le détail avec de longues descriptions et une deuxième avec une description bien plus pauvre voire inexistante. Si vous êtes à l’aise avec les descriptions et que vous êtes capable d’en écrire de longue, d’une je suis jalouse de vous et de deux je vous encourage à continuer. En revanche, si comme moi, la description n’est pas votre fort, ne forcez jamais, ça se sent et ça donne un récit très plat. Il faudra être astucieux car la description est essentielle à votre récit et vous ne pourrez pas faire l’impasse dessus. N’écrivez donc que des descriptions utiles.

Qu’est-ce qu’une description utile ?

Une description utile est une description qui sert votre intrigue et votre histoire. Le passage descriptif vient ralentir le rythme de votre narration. Il est donc important pour moi que chaque description joue un rôle fondamental dans la suite de l’histoire. Ce conseil est d’autant plus vrai quand vous écrivez dans des formats courts, nouvelles, novellas, etc…où vous n’avez pas le temps d’être très bavard.  

La description utile doit :

  • Poser un cadre, une ambiance

La description peut apporter des informations sur un lieu, etc… Certains genres s’appuient sur la description de certains lieux pour renforcer certains sentiments et décrire une ambiance.

Par exemple, si vous écrivez un roman noir, il me semble indispensable de recréer une atmosphère glauque qui caractérise si bien ce genre. Vous parlerez alors d’une ruelle sombre, d’exhalaisons d’égouts, de corps errants décharnés par la cocaïne à la recherche d’une dose. Le décor posé permet de justifier la noirceur de votre récit.

C’est le cas également pour l’horreur, le lieu angoissant où se déroule la narration ajoute un sentiment de peur. Le lecteur sera plus effrayé si vous décrivez une scène dans un cimetière la nuit tombée qu’en pleine journée dans un centre commercial.

  • Donner un sentiment de réalisme

Si vous avez bien fait vos devoirs de recherches comme préconisé dans cet article, vous serez à même de retranscrire fidèlement une description concernant une époque, un métier pour être au plus proche de la réalité.

  • Brosser le portrait psychologique d’un personnage

Une description sur l’univers d’un personnage peut éclairer sur sa psychologie, son système de pensée et de valeurs.

Par exemple, le protagoniste rentre dans la chambre d’un de ses colocataires, les volets sont fermés, une vieille odeur d’humidité flotte, des détritus jonchent le sol de la pièce. À la vue de cette scène, le protagoniste comprend que son coloc’ est dans une profonde détresse psychologique. La description permet justement d’illustrer sans énoncer explicitement les choses, c’est le fameux show don’t tell des anglo-saxons.

  • Être posée au bon moment de votre récit

Rappelez-vous que la description , principalement celle d’un lieu, ralentit l’action.

Si deux amants s’apprêtent à faire l’amour, il y a peu de chances que la maîtresse s’intéresse tout d’un coup à la matière des rideaux de leur d’hôtels ou encore à la douceur de la moquette sous ses pieds.

Posez votre description au bon moment sous peine de casser le rythme. Une méthode simple, décrivez à chaque nouvelle introduction d’un lieu, d’un personnage, d’un sentiment pas à un autre moment.

  • Quid des descriptions physiques et vestimentaires ?

Mes descriptions physiques sont très succinctes, je ne m’y attarde que très peu. Pourquoi ? Parce qu’en soi, je considère que le physique peut avoir une valeur esthétique mais apporte très peu à l’intrigue. Il est très rare qu’un physique influence une intrigue. La description physique des personnages permet surtout au lecteur de pouvoir se représenter distinctement un personnage.

Deuxième point quand j’introduis un personnage étant donné que j’écris très souvent en point de vue interne ou en point de vue externe mais à travers les yeux du protagoniste, je ne détaille que deux ou trois points marquants chez ce nouveau personnage. Quand on rencontre une personne dans la vraie vie, on passe rarement toute son anatomie à la loupe. On va peut-être s’attarder sur ses yeux, sur ses cheveux, sur sa carrure ou encore sur le parfum qu’elle porte mais pas plus.

Même logique pour la description vestimentaire si elle ne sert pas l’histoire, je considère qu’elle n’a pas lieu d’être. Votre roman n’est pas censé être un catalogue prêt-à-porter de la collection printemps-été de Naf Naf.

Par exemple, dans le chapitre 8 d’Épouse-moi, je détaille la tenue que Cynthia va porter pour se rendre à un événement. Mais il y a un contexte derrière. Le pot de départ est sa dernière occasion de séduire son love interest. Sa tenue a donc un certain enjeu puisqu’elle traduit l’esprit de séduction dans lequel elle se trouve. Au lieu de dire tout simplement qu’elle porte une tenue sexy, je détaille sa tenue pour qu’on comprenne qu’elle met le paquet pour mettre le grappin sur son crush.

Les vêtements peuvent aussi traduire d’une origine sociale.

Par exemple, dans Je n’ai pas oublié, Sarah est renvoyé au propre échec de sa vie par la présence de l’homme au béret, qui est un homme élégant, à qui tout semble réussir. La description du style vestimentaire du trentenaire atteste de son haut niveau de vie. Il porte un costume bien taillé, qui laisse apparaître des chaussettes en fil d’Écosse.

Comment enrichir ses descriptions dans un roman, une nouvelle, etc.. ?

À présent que vous savez quelles sont les descriptions utiles, comment enrichir ses descriptions dans un roman.

La technique des 5 sens

L’une des principales erreurs que je faisais avant dans la description, c’était de ne décrire qu’avec mes yeux. Or, nous avons cinq sens, nous voyons, mais nous sentons également, nous touchons, nous goûtons et nous entendons. Quand vous décrivez une scène, utilisez les cinq sens. En appliquant, ce simple conseil, votre description deviendra bien plus riche qu’auparavant.

Par exemple, vous souhaitez décrire une scène de baiser, pourquoi ne pas parler du regard éperdument amoureux des tourtereaux, de la douceur de leurs lèvres, du parfum délicat de la demoiselle et de leurs soupirs langoureux.

Partir d’une image

Si vous avez le même problème que moi pour visualiser un lieu, je vous recommande de partir d’une simple image que vous choisissez de décrire. Toutefois, une belle description n’est pas une succession de détails. Il faut que vous parveniez à créer une ambiance. Je vous conseille dans un premier temps d’observer l’image, de noter tout ce qui vous passe par la tête. Puis, ordonnez vos idées afin de donner une description fluide. La plupart des écrivains suivent une description en entonnoir. On commence par le général pour s’attarder sur le détail. Enfin, l’image doit être décrite en correspondant à la vision du monde de votre protagoniste. En effet, nous avons chacun une manière unique de détailler une image qui en dit long sur nous.

Usez de figures de style

Pour illustrer au mieux votre description et l’enrichir, n’hésitez pas à vous servir de nombreuses figures de style. Les plus courantes sont bien sûr les comparaisons et la métaphore mais vous en avez bien d’autres. Par pitié, merci de faire preuve d’originalité en évitant les phrases bateaux telles que “les cheveux dorés comme le soleil”, “les yeux bleus comme la mer”, “la peau noire comme l’ébène”, etc…

Entraînez-vous

Vous connaissez ma philosophie de vie, je pars du principe qu’avec du travail on ne peut que s’améliorer. Aussi, je vous recommande de vous exercer à écrire des descriptions en vous imposant certaines règles que vous changez de temps à autre.

Par exemple en partant d’une image, décrivez les émotions que ressentirait votre personnage à la vue de cette même image. Décrivez une image qu’en usant de métaphores. Inventez toute sorte de règle loufoque qui vous permettrait de vous améliorer.

Voilà, j’espère que cet article vous aidera à réussir vos descriptions. Êtes-vous à l’aise avec les descriptions de roman ?

Crédit photo : Linkedin Sales navigator sur Unsplash

5 réflexions sur “Ne ratez plus vos descriptions de roman

  1. Tout à fait d’accord avec chacun des points 🙂 La description est sûrement un des éléments de narration les plus difficiles à travailler, mais tes conseils sont très bons et tu pointes un point important : ne jamais faire de description inutile. Ce qui est, pour ma part, sûrement mon plus gros soucis, de tout dire…

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    1. Mon problème est justement de ne pas en mettre assez. Après il faut dire que quand je lis le manque de description ne me dérange pas. Du coup, je pense que ca6se ressent beaucoup dans mes écrits qui manquent de visualisation.
      La nouvelle (je sais je reviens à la charge) est justement un bon exercice pour s’exercer à travailler ses descriptions.

      Aimé par 1 personne

      1. Encore une fois parfaitement d’accord. J’avoue ne plus beaucoup en écrire, mais j’ai eu de belles périodes où je n’écrivais que des nouvelles qui m’ont permis de peaufiner mon style et de mieux m’interroger sur la manière de rendre son récit captivant. Je pense que dès cet été je reprendrai l’écriture de nouvelles.

        Aimé par 1 personne

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