La grande dame

Pour continuer dans la veine des micronouvelles inspirées d’illustrations. Je vous propose aujourd’hui une histoire ficelée autour de l’œuvre Destined to be a star de Lester Kern. Retrouvez la première histoire ici.

Moins deux minutes de lecture

Bonne lecture !

Crédit illustration : Destined to be a star de Lester Kern

Elle ne se souvenait plus exactement quand elle avait cessé de la voir dans le reflet de son miroir. Une grande dame impérieuse, un brin d’insolence dans le regard, qui semblait défier le monde qui s’agitait à ses pieds.

La première fois qu’elle lui était apparue, elle avait six ans. Haute comme un grain de poussière, elle avait posé sur cette grande silhouette, ses yeux d’enfant ébahis. La dame tout en boutonnant sa veste d’un blanc immaculé lui avait sourit. Elle s’était alors penchée vers la petite fille et lui avait confié qu’elle pouvait être qui elle désirait tant qu’elle le croyait.

Puis l’enfant grandit. La grande dame s’étiolait sous les critiques acerbes et les assertions de ceux à qui la demoiselle voulait plaire, les proches visionnaires, les amours fugaces et les amitiés éphémères. Chaque incertitude, chaque doute la rongeaient un peu plus. Son dos, si droit dans ses souvenirs, s’était courbée en une voûte, sur laquelle s’exerçait toute la gravité et le poids des mots. Ses pupilles rétrécies et humides avaient terrassé le brin d’insolence dans son regard. D’année en année, son image se flétrissait ne laissant place, aux derniers jours de son apparition, qu’à une silhouette brumeuse dont on distinguait à peine les contours.

La grande dame planait dans son esprit comme l’ombre d’un amour disparu. Accablée par le temps qui avait filé, la petite fille devenue une femme avait perdu tout espoir de la retrouver. Elle se raccrocha alors aux souvenirs de cette grandeur passée. Se blottit dans les quelques paroles réconfortantes dont elle se souvenait encore. Elle chercha sa présence dans les moindres recoins de son miroir. Les voix si nombreuses finirent enfin par se taire. La femme se concentra alors sur celle qu’elle aurait toujours dû écouter.

Un matin, une silhouette familière se dessina dans la glace. Elle y resta jusqu’à ce que la petite fille devenue une femme trépasse.  

315 mots

J’ai choisi d’aborder la confiance en soi et l’estime de soi à travers cette illustration. Notre reflet dans le miroir, dont l’apparence est altérée ou non par nos pensées symbolise notre confiance et notre estime de soi

Qu’en avez-vous pensé ? Et que vous a inspiré cette image ?

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