Comment écrire un bon méchant ?

Je ne pouvais pas écrire de dossier sur le personnage dans le roman sans laisser une place prépondérante à l’antagoniste aka le super méchant. Sachez que je ne suis pas parfaite et dans les nombreuses histoires que j’ai pu écrire, je n’ai jamais créé de vrais méchants. Alors je me suis dit que je devrais inviter une amie écrivaine qui, elle, a l’habitude des gros méchants et qui vous en parlera beaucoup mieux que moi.

C’est donc avec un immense plaisir que je vous laisse entre les mains de Laëtitia du blog Art & Storytelling.

Bonjour chers lecteurs !

Je m’appelle Laëtitia, auteure de L’ombre des confréries, une nouvelle thriller/romance, et de L’Ombre des flammes, une trilogie de fantasy. Ayant l’habitude, et la joie, de créer des méchants dans mes histoires, je vais vous donner aujourd’hui quelques points/pistes pour vous aider dans l’écriture de votre antagoniste.

Pour ma part, le méchant à une place importante, si ce n’est essentiel, dans un récit. Il est donc capital d’écrire un personnage convaincant qui saura intéresser et captiver le lecteur.

1 – Faire preuve de nuance

J’ai eu de nombreuses fois le déplaisir de lire des histoires ou le méchant était juste méchant, sans réel fond. Il n’était que mal absolu. Pour moi, un bon antagoniste reste un personnage tout en nuance.

Si nous devons prendre la réalité comme exemple, nombreux sont les violeurs ou tueurs en série qui ont été décrits par leurs voisins comme des gens « normaux », certains étaient même pères de famille. Paradoxalement, il y a aussi des barons de la drogue ou des criminels de haut rang qui ont un grand sens de la famille ou le désir profond de protéger les enfants.

Bref, un méchant reste un être complexe qui en dehors de ces crimes peut faire preuve de douceur et d’humanité, c’est ce qui le rend complexe, étrange et parfois dérangeant.

2 – Justifier l’origine du mal

Ce point rejoint légèrement le premier. Un bon antagoniste ne peut pas être juste méchant pour le plaisir d’être méchant ; rechercher le pouvoir absolu, juste pour le plaisir d’avoir le pouvoir. Chaque action doit être justifiée. Pour quoi est-il devenu ainsi ? Pourquoi commet-il ces crimes ? Pour cela, il est important de développer une bonne backstory, une histoire et un passé qui « justifierait » et donnerait du sens à chacune de ces actions.

Dans la série Grimm (si vous ne connaissez pas, je vous invite fortement à la regarder), Adalind, une sorcière, veut se venger de Nick, un Grimm (un genre de chasseur de créatures surnaturelles et dangereuses), car il a tué sa mère. Bien qu’Adalind fasse partie de la team des méchants, ses intentions sont clairement justifiées et compréhensibles.

C’est un problème que je vois assez souvent en fantasy et en fantastique. Les méchants sont souvent des bêtes ou des monstres avides de pouvoir et sadiques. Mais à aucun moment nous ne savons réellement pourquoi, à par le fait que la cruauté est dans leur nature et que tuer est vital pour eux.

Je trouve, personnellement, que cela rend le méchant moins intéressant et plat.

3 – Rendre son méchant attachant

Ou du moins, un méchant qu’on adorera détester. Rendre l’antagoniste totalement antipathique n’aidera pas au développement de l’histoire et au contraire, peut dans certains cas la desservir. Beaucoup le font pour rehausser la valeur du héros pour montrer à quel point un méchant est cruel et sans valeurs.

Je trouve plus intéressant de lire un roman avec un méchant plein de nuances. Prenez l’exemple de la série littéraire L’épouvanteur de Joseph Delaney. À travers les aventures de Thomas, nous sommes amenés à rencontrer Grimalkin (décidément, des Grimm partout !). Elle est décrite comme une sorcière dangereuse et meurtrière. Elle n’est pas la tueuse de son clan pour rien ! Pourtant, elle est un de mes personnages favoris ! Malgré ses crimes et son côté maléfique, elle possède un code d’honneur qui lui est propre, et sauvera même des vies (car cela servait ses propres intérêts, mais tout de même !).

4 – Challenger le protagoniste

C’est le rôle principal de l’antagoniste, challenger le héros pour le faire grandir, évoluer. Pour cela, le méchant doit être aussi intelligent et aussi fort, si ce n’est plus, que le héros. Mais attention de ne pas entrer dans les extrêmes. Cette force ou cette intelligence doivent rester crédibles et justifier. Nous allons prendre l’exemple de Moriarty. Alors que Sherlock se pense intelligent et infaillible, il arrivera à trouver en Moriarty, un adversaire à sa mesure, si ce n’est plus, puisque ce dernier parvient a le maitre en déroute.

Conclusion : un bon méchant doit être autant travaillé qu’un personnage principal, car il représente un élément majeur. Il est moteur du conflit. Sans lui, la quête du héros n’a pas de sens ni d’intérêt et surtout, sans notre antagoniste, notre héros ne grandit pas. Prenez l’exemple du Joker, de Moriarty. Ce sont d’excellents méchants sur qui nous devrions prendre exemple.

J’espère que cet article vous aura plu, n’hésitez pas à me suivre sur mes réseaux que vous pouvez retrouver ici : https://linktr.ee/laeelo

J’espère que cette petite nouveauté sur le blog vous satisfait. Je pense inviter d’autres ami(e)s écrivains à venir ici.

Crédit photo : Tetrebbien, man with pink smoke digital wallpaper sur Unsplash

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