Pourquoi je ne participe pas au Nanowrimo

Si vous êtes un peu proche de la blogueuse, le phénomène Nanowrimo n’a pas dû vous échapper. Le Nanowrimo, diminutif de National Novel Writing Month, est un événement d’écriture créative, initialement états-unien mais qui a, à présent, une portée internationale qui a lieu chaque année. Les écrivains participant à cet événement qui se déroule au mois de novembre doivent se pencher sur l’écriture d’un roman de 50 000 mots en seulement un mois. 50 000 mots c’est le seuil à partir duquel on considère que vous avez écrit un roman, court, certes, mais un roman tout de même.

En avril dernier, j’avais déjà participé au petit-frère du nanowrimo de novembre, le Camp Nanowrimo. Je m’étais fixé un objectif de 30 000 mots à atteindre. J’avais lamentablement échoué. Et je pense qu’on tient là l’une des premières raisons pour lesquelles je ne participe pas à cette nouvelle édition. La petite Kea a certainement dû être traumatisée par son premier échec cuisant du nanowrimo.   

Alors qu’est-ce qui n’a pas marché la première fois ?

J’ai abandonné le nanowrimo en plein milieu du mois d’avril, après avoir écrit approximativement 15 000 mots et 9 chapitres il me semble. J’ai lâché l’affaire parce qu’une idée de roman (au final que je n’ai toujours pas écrit) me semblait bien plus prometteuse. Puis, j’avais raté un, deux, trois puis cinq jours d’écriture et je devais finir par écrire un peu plus de 5000 mots par jour pour espérer rattraper mon retard ; autant vous dire que j’étais ULTRA découragée. À côté, il y avait ce fameux roman qui me faisait de l’œil, alors en être faible que j’étais, j’ai cédé et suis passée à autre chose.

Quand j’ai vu que vers la fin du mois d’octobre toute la blogauteurs s’attelait à la tâche pour le nanowrimo de novembre, je me suis sérieusement demandé si je retentais ma chance cette fois. Faire fi du passé et se laisser happer une seconde fois par l’euphorie de la communauté. Après avoir tergiversé longtemps, j’ai décidé de passer mon tour.

Alors pourquoi j’ai choisi de ne pas participer au nanowrimo ?

À cause de la pression

Elle est particulièrement forte sur l’édition de novembre où il y a un réel objectif chiffré à atteindre assez élevé. Pour écrire un roman de 50 000 mots en 1 mois, il faut être capable d’écrire plus de 1600 mots par jour. C’est un quota de mots que j’atteins rarement pour être totalement transparente avec vous. Et voir qu’en 3h je n’atteins pas ce niveau me fout la rage. Du coup, je vois cette courbe que je ne parviens pas à atteindre et ça m’angoisse plus que ça ne m’aide au final. Je me fous une pression monstre et quand je vois que je n’y arrive pas, je culpabilise. Je ne sais pas si vous êtes dans ce cas, mais c’est comme suivre un régime, se rendre compte, malgré les efforts, que le poids ne descend pas sur la balance et de culpabiliser parce qu’on se sent comme une merde et ba c’est exactement le sentiment que je ressens, celui de ne pas être assez rapide, assez efficace et à long terme ce genre de pensées négatives est très néfaste pour le moral.

À cause de son format

L’adage du fondateur du nanowrimo Chris Baty est « la quantité, pas la qualité ». Tout l’enjeu du nanowrimo réside dans cette unique phrase. Il faut que ça dépote, il faut que ça écrive vite. Qu’importe la maladresse, qu’importe les tournures alambiquées et foireuses pourvu qu’il y ait ce premier jet achevé. Et bien moi, ça, j’en suis incapable. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je fais partie de la team tortue en écriture. Je suis la meuf qui doit constamment retourner en arrière, lire, corriger un petit peu des bouts de phrases par-ci, par-là. Je suis donc incapable de maintenir un rythme d’écriture soutenu. Par ailleurs, je ne suis également pas une adepte de l’écriture automatique. Lorsque j’écris, je prends le temps de réfléchir au vocabulaire. Je construis ma phrase pour qu’elle me satisfasse pleinement. Il m’arrive même de faire des recherches en plein milieu de ma séance d’écriture pour vérifier une information. Je ne me suis pas chronométrée, mais je pense que j’écris 2000 mots en trois heures trente, ce qui est peu comparé à certains.  

À cause du manque de temps

Difficile de réussir à dégager un créneau pour écrire 2000 mots par jour entre le boulot et la vie sociale parce que même si j’envisage d’écrire moins en semaine et de rattraper mon retard le week-end. Et ba le week-end je suis rarement tranquille et la vérité je n’en ai pas envie. J’ai une vie de couple et je me vois difficilement expliquer à Monsieur que je m’isole 6h pour écrire (parce qu’il faut que je rattrape mon retard). Même si je me crée un nouveau monde ce n’est certainement pas pour y rester enfermée.

 Voilà principalement les raisons pour lesquelles je ne participe pas au nanowrimo, je pense que c’est un très bon stimulateur pour les écrivains débutants et même confirmés, mais moi je pense sincèrement que son format ne me convient pas du tout. Je ne suis pas sûre un jour de pouvoir faire abstraction de ma façon d’écrire pour être davantage productive et pour justement réussir à atteindre un jour ces 50 000 mots en un mois.

Et vous, faites-vous partie des nanoteurs ? Si non pourquoi ? Et si oui comment se passe votre nanowrimo ? Dites-moi tout en commentaire.

Source : Florida Writers Association

10 réflexions sur “Pourquoi je ne participe pas au Nanowrimo

  1. Bonjour
    J’ai fait partie des nanoteurs et fini trois romans. Le temps m’a rattrapé après : que faire d’un texte écrit vite et sans vraie structure … qui sont ils ces nanoteurs qui en deux jours bouclent un texte de 50000 mots ?
    Depuis sur mon blog j’ai créé une semaine de la nouvelle ou je propose d’écrire pendant la semaine de la,francophonie une nouvelle pas à pas. C’est plus relax … mais bon au départ le Nanowrimo est nord-américain avec des rencontres dans des cafés, des défis c’est formidable et stimulant
    Merci pour l’article et à bientôt

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  2. J’ai une amie qui fonctionne exactement comme toi, elle aime soigner son premier jet donc le rythme du NaNo c’est une torture pour elle. Je me sens presque coupable de participer à la frénésie du NaNo tellement c’est une évidence que ce n’est pas fait pour tout le monde ; que, pour certains, ça peut être destructeur et dégoûter d’écrire et qu’il ne faut surtout surtout pas culpabiliser de ne pas y participer ou de ne pas atteindre son objectif malgré ses efforts.

    Ce que j’aime bien dans le Camp NaNo c’est d’ailleurs la possibilité de se donner un objectif en temps de travail plutôt qu’en mots, c’est dommage que le NaNo de novembre n’offre pas cette possibilité aussi. ça soulagerait beaucoup de monde, je pense !

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  3. Comme je me reconnais dans cet article ! J’ai, à vrai dire, décidé d’expérimenter ce concept ce mois-ci, comme je me disais qu’en tant qu’écrivain, il faut savoir toucher à tout… je n’ai tenu qu’une journée. Après mes 1500 mots écrits en un peu plus d’une heure, j’ai ressenti un profond dégoût et lassitude parce que je n’y avais pas été avec le cœur… Mon quotidien m’ayant rattrapé les jours suivants, l’énorme retard m’a découragée et j’ai décidé d’abandonner. Comme toi, je ne suis vraiment pas à l’aise avec «la quantité plutôt que la qualité» ! L’écriture pour moi est un art, et c’est en prenant le temps de taper et retaper mes phrases, les tester et les consolider, que je goûte vraiment à cette euphorie que nous partage quelque fois l’écriture…
    Je compatis donc tout à fait ! Je pense que c’est une sage décision. Quant à moi, j’ai promis de prendre mon temps, (non seulement prendre du temps pour écrire, mais y aller doucement également !)

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    1. Hello Gwen c’est exactement ma vision des choses après bien sûr ça peut être frustrant parce qu’on prend un peu plus de temps mais je ne me vois pas agir différemment, surtout avec la vie que je mène en ce-moment. Merci pour ton petit témoignage : )

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    1. Oui c’est exactement ça ! Je pense que ça ne me convient pas. Pour autant, j’essaye quand même de m’instaurer une certaine discipline mais cette course à la perf n’est décidément pas pour moi. Je n’ai jamais tenté le Inktober, je trouve toujours l’idée tentante mais bien sûr je trouve ça trop contraignant à force.

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  4. Bonjour !

    Évidemment, quand on commence à réseauter sur les blogs d’écriture, on ne peut pas passer à côté du Nano ! J’ai tenté cette année de le faire, et avais même commencé fort bien pendant une vraie semaine sérieuse et disciplinée, puis ma vraie nature de feu follet a repris le dessus, plus un nouveau projet professionnel en route, donc ce sera pas pour cette année. Je pense que l’émulation autour du Nano et les rencontres que l’on peut faire doivent être vraiment chouettes, et cela force effectivement à jeter sur le papier ce que l’on a en nous, sans regarder en arrière et prendre le risque d’être effrayés par la vacuité de notre premier jet… Après, vient le temps de la révision, du vrai travail, mais la trame est là ! Bienvenue donc au club des Nanos ratés, on le vit bien en fait, bonne chance à toi 🙂 ! Belle journée, Sabrina.

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