Le plaisir d’écrire

Je discutais dernièrement avec une autrice prolifique sur Instagram. Prolifique pour moi, parce qu’à l’heure où je vous parle elle avait terminé l’écriture de plus de 5 histoires. Ce qui signifie pour moi avoir écrit 5 romans, même s’il s’agissait de publications wattpad. Cela sonnait comme un exploit, parce que team tortue oblige, je n’ai été capable, pour le moment, de ne finir qu’un seul roman. Je lui ai donc fait part de mon admiration (je ne suis pas radine en compliment t’as vu) et elle m’a répondu être étonnée. Comme si pour elle l’écriture d’autant d’histoires n’avait pas été réellement un défi. Alors, moi je lui confirme « mais si si c’est génial ce que t’as fait ». Il faut savoir que pour moi l’écriture d’un roman ou de toute œuvre littéraire est un travail de longue haleine. C’est long terriblement long. Et à la suite de ma réponse, elle m’a confié « c’est vrai que c’est long, mais pour moi c’est un plaisir d’écrire ».

Le plaisir d’écrire, pour tout vous avouer, je pense que cela fait un moment que je ne sais plus exactement ce que cela signifie. Le plaisir est défini comme une sensation intense de joie et de bonheur. L’écriture est donc censée procurer satisfaction, exaltation et tout un tas d’émotions qui remuent les entrailles. D’ailleurs, il n’est pas rare que de nombreux auteurs parlent d’une véritable passion. L’écriture est pour eux une question de vie et de mort. Ils ne parviennent juste pas à vivre sans et le stylo invisible qu’ils tiennent dans leur main ne serait reposé qu’à leur dernier souffle. Balzac passait toutes ses nuits à écrire en carburant au café. Chimamanda Ngozi explique que pour exprimer chaque émotion, elle écrit. Aussi, elle écrit quand elle est heureuse, en colère, triste. Ou encore Amélie Nothomb dont la plume la réveille aux aurores pour se poser à son bureau et écrire. Oui, ils sont nombreux à avoir des routines plus ou moins loufoques maintenues par leur amour de l’écriture. Amour, passion, plaisir, appelez-ça comme vous voulez, qui leur ont certainement permis de se hisser au plus haut niveau de leur art.

Et puis au milieu de tout ça, il y a moi. Moi, qui depuis un certain temps ne prend plus autant de plaisir à écrire qu’auparavant. En ce-moment, j’essaye de m’imposer une discipline pour écrire régulièrement, 500 mots par jour. Ce n’est pas immense et pourtant certains jours sont littéralement une véritable souffrance et chaque ligne de mots est arrachée aux forceps. J’aime écrire, j’aime inventer des histoires. Il y en a une multitude qui fourmille dans ma tête, je les liste dans mes carnets, je les tape sur mes pages Word, je les développe dans mon esprit tout en écoutant de la musique, mais très souvent et surtout en ce-moment je ne prends aucun plaisir à écrire. Et ce constat m’a amenée à une réflexion. Suis-je sur la bonne voie ? Suis-je vraiment faite pour ça ? Pourquoi ne suis-je pas aussi passionnée par l’écriture que le sont d’éminents écrivains ? La route de l’écriture est longue et sincèrement sans passion je pense qu’il est impossible de terminer un roman. Mais pourtant, j’en ai terminé un et j’en ai commencé bien d’autres. Par ailleurs, je sais que j’aime écrire, que l’écriture a été pour moi a certaines occasions, libératrice, exutoire, exaltante et que certains soir où ça allait mal, je prenais un véritable plaisir à écrire. D’ailleurs, actuellement, je prends plaisir à écrire cet article, certainement parce que j’y livre mes sentiments et émotions.

Alors je pense que ce qui a changé est la pression que je me mets. Avant j’écrivais juste pour raconter des histoires, délivrer certains messages, donner de la voix à celles qui n’en ont pas. Et peu m’importait que je sois lu par quelques personnes. Aujourd’hui, je suis en mode « je veux être écrivaine », « je veux vivre de ma plume », « je veux tout : avoir une carrière dans une entreprise, écrire des livres, avoir une famille, etc… ». Et il se trouve peut-être là le souci. Le plaisir a été sapé par la peur, le doute, la crainte de mal faire, d’avoir un premier jet imparfait, de ne pas être à la hauteur de cette écrivaine qu’on admire tant, d’écrire de la m****, de ne pas être intéressant… Je m’attelle à écrire chaque jour, mais parfois sans aucune motivation et avec pour seul credo « ce qui doit être fait, doit être fait ».

Pour autant, je pense que c’est une très bonne chose que de s’imposer une certaine discipline pour avancer dans son écriture. Sans pratique, je ne peux pas progresser et je veux m’améliorer donc je dois écrire. Non, ce qui doit être modifié c’est mon rapport à cette écriture et à cette pression que je m’exerce. Je dois apprendre à désacraliser mes séances, mes premiers jets et tout ce que je produis. Je dois revenir aux sources, revenir à une écriture légère sans prise de têtes, sans fioritures. Même si mon rêve d’écrivaine est un rêve difficile et compliqué à atteindre, l’important est de persévérer et de continuer à prendre plaisir dans ce que je fais. Et pour moi, il n’y a pas de plaisir plus grand que d’imaginer une histoire, l’écrire, la terminer et de la relire avec un œil neuf.

Et vous, prenez-vous du plaisir quand vous écrivez ?

8 réflexions sur “Le plaisir d’écrire

  1. Une grande réflexion ! Personnellement, je sais que mettre la pression sur mon écriture, c’est le meilleur moyen de perdre le goût de le faire. Quand j’avais essayé de publier régulièrement de la fiction sur Instagram ça a été catastrophique ! Après je suis d’accord, parfois il faut se forcer un peu, mais si ça commence à s’éterniser chez moi, c’est signe qu’il faut que je change de projet. Pendant trois semaines j’ai essayé d’écrire un roman et vraiment je m’en sortais pas, du coup je suis retournée aux petites fictions et je m’éclate ! En bonus, je commence à sentir que j’ai envie de retourner à mon roman, donc tout gagnant ! J’espère que tu trouveras une parade pour raviver ta petite flamme intérieure.

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    1. Hello Lucyle ! Merci pour ce partage. Tu as raison je pense que l’essentiel est de s’écouter. Et c’est marrant parce que moi aussi j’étais en train de me dire qu’il serait bien pour moi de retourner aux nouvelles, aux fictions courtes. Je suis sûre que ça me fera un bien fou. En tout cas je suis contente que toi tu aies pu trouver ce qui fonctionne avec toi. Hâte que tu puisses terminer ce roman alors

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  2. C’est marrant ce que tu dis sur le « plaisir d’écrire » ; moi j’avais lu quelque part (dans un roman, je ne sais plus lequel) que justement, personne n’aime écrire. Bon, c’est probablement faux, d’après tous les exemples que tu donnes, mais cette source disait que ce que les écrivains aiment, c’est inventer des histoires et les raconter, et la partie où il faut les écrire c’est juste la partie reloue mais nécessaire pour pouvoir les partager.

    Du coup, cette personne (vraiment, vraiment plus aucune idée de qui c’était, si ça se trouve c’était juste un personnage d’écrivain dans un roman de fiction) conseillait de ne jamais, jamais raconter l’histoire qu’on était en train d’écrire, parce que du coup on n’aurait plus aucune motivation à l’écrire, justement, vu qu’on l’aurait déjà partagée autrement. A la place, cette personne conseillait de faire lire les pages déjà écrites, parce que ça, ça constituait une bonne motivation pour continuer à écrire.

    Je me reconnais vraiment là-dedans : pour moi aussi, écrire l’histoire, c’est la partie la plus barbante.

    Bon, j’ai aussi le même problème de perfectionnisme que toi, en mode « si ce roman n’est pas le roman le plus génial de la terre, à quoi bon l’écrire ? », mais j’essaye de me soigner ! j’ai aussi lu autre part que « la première étape pour écrire un bon roman, c’est d’écrire un mauvais roman ». Du coup j’essaie de me dire que j’en suis à cette première étape…

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    1. Hello, je pense que la personne n’avait pas complétement tord non plus lol. Je suppose que nous sommes beaucoup à trouver l’exercice d’écrire compliqué. Oui, il faut vraiment qu’on apprenne à dédramatiser. Le premier jet est un brouillon et ce brouillon sera par la suite peaufiné et poli comme un diamant brut.

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  3. Si ça peut te rassurer, sur le forum où je suis, une membre écrit énormément, mais pas par besoin ni par passion. Elle aime ça, elle veut en faire son métier, mais elle écrit ce qu’elle pense pouvoir caser le plus facilement en ME. Quand je lui ai dit que Roman 2 tirait sur le YA elle m’a dit que c’était bien parce que ça a le vent en poupe, le YA. Je crois qu’elle n’a pas compris quand j’ai répondu que je m’en contrefiche de savoir si ça a le vent en poupe : j’avais BESOIN d’écrire ça. Donc tu vois, tu n’es pas la seule à ne pas écrire poussée par une passion dévorante ! Et cette autrice est multi-publiée ! Donc ça ne veut rien dire !

    Je rebondis sur ton propos sur les émotions : les émotions, c’est comme de l’eau dans une casserole (c’est la psy qui m’a expliqué ça) et la musique, parler, écrire, l’art en général, mais aussi le sport, etc., ça permet d’exprimer les émotions, de les laisser sortir, et de vider la casserole.
    Il y a quelques années je lisais le blog d’une fille un peu plus jeune que moi. On a commencé à échanger par mail et on a recommencé cet été. Elle me disait que tout allait bien dans sa vie et qu’elle n’écrivait plus trop. Sans doute parce que pour elle, écrire était un exutoire quand il y avait surcharge. Moi, j’ai tout le temps besoin d’écrire ! Je rêve de mes histoires, parfois x) ou de celles des autres. Je peux couper mon téléphone pendant 15 jours, restée enfermée chez moi tout un mois (le confinement m’a surtout pesée parce que j’étais enfermée avec mes parents et ma sœur, ce qui est assez dur pour une introvertie solitaire), mais je ne pourrais pas ne pas écrire ! C’est mon moyen d’expression. Je n’aime pas la musique particulièrement, et je me suis essayée à la photo, que j’aime sans en avoir fait ma passion. L’écriture, c’est véritablement mon moyen d’expression, de mon âme, quoi.
    Peut-être que ce n’est pas ton cas et, si c’est ça, alors ça n’a aucune gravité ni aucune importance. Ça ne te rend en rien moins intéressante ni même moins légitime !

    Voilà ce que tu vas faire : tu vas arrêter d’écrire tous les jours. Arrête. STOP. Si ta raison pour le faire c’est « faire ce qui doit être fait et si je le fais pas je culpabilise et je m’en veux » sache ceci : cette raison, là, c’est une motivation extrinsèque, une régulation externe. Ça s’appelle même la régulation introjectée et c’est terriblement mauvais à moyen-long-terme ! Donc tu vas arrêter TOUT DE SUITE, maintenant.
    Il va falloir un changement cognitif : trouve ce qui te motive à l’intérieur et serts-en toi. Par exemple, ma motivation intrinsèque par défaut c’est la motivation à l’apprentissage. Du coup, quand j’avais du mal à me mettre au code de la route, j’ai changé ma vision des choses. Je me suis dit que j’allais apprendre quelque chose de nouveau. Et ça a marché : je me suis remise au Code ! Trouve ta motivation intrinsèque (ça peut être l’apprentissage, la sensation…) et sers-en toi !
    Quand tu auras renoué avec une motivation intrinsèque, tu pourras recommencer à écrire tous les jours.

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