Architecte un jour, architecte toujours ?

En ce moment j’écris le roman 2 (il y a eu 2 projets avortés avant lui). Et pour celui-ci j’ai eu envie de tester autre chose une autre approche. Il faut savoir que je suis une fille qui aime tout préparer, même mes nouvelles sont soigneusement planifiées avant que je ne les rédige. Je sais comment elles commencent, quels sont les conflits avec tous les petits détails que je souhaite y distiller et comment ça se termine de manière très précise. Je suis ce qu’on appelle dans le jargon une architecte (terme popularisé par le très célèbre auteur de la saga Game of Thrones, G.R.R. Martin).

En tant qu’architecte j’ai ce besoin irrépressible de construire un plan détaillé avant de me lancer dans l’écriture d’un projet. À l’opposé vous avez le jardinier qui lui plante une graine et laisse une magnifique fleur éclore. Dans l’écriture comme dans la vie réelle (genre écrire ce n’est pas la vraie vie), je n’ai pas du tout la main verte. Pourtant, pour l’écriture du roman 2 je me suis dit « allez pourquoi ne pas tenter d’enfiler ses gants et de s’essayer au jardinage pour une fois ». J’ai rédigé quelques lignes du roman et j’ai tenté de me laisser guider et sincèrement c’était fastidieux, pas fluide pour un sou, clairement j’étais en souffrance.

Je dirai qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise méthode. La meilleure méthode est celle qui vous correspond et tant pis si certains trouvent que ça ne fait pas assez artiste d’être une control freak de son histoire. Et puis, j’estime qu’on n’est jamais à 100 % tel ou tel profil. Comme dans tout, l’être humain est un être plein de nuances. On a surtout une dominance. On n’est plus ou moins architecte ou jardinier. Je construis mes plans parce que j’ai besoin de savoir où je vais, mais rien ne m’empêche de me laisser porter par l’histoire également lors de l’écriture. Mon plan n’est pas figé, il est vivant et évolue. Pour moi écrire sans plan revient à dîner dans un restaurant à l’aveugle. Je peux apprécier gustativement les plats, mais mon inconfort est tel que j’en garde le souvenir d’une expérience troublante. Sans parler des nombreux dégâts que je fais autour de moi et sur moi-même. Et ba c’est pareil pour l’écriture quand je ne construis rien, ça part dans tous les sens.  

Par ailleurs, rien n’empêche également d’évoluer au cours de la longue carrière d’écrivain. e que je vous souhaite. Vous pouvez commencer en étant architecte puis au fil de votre expérience être un véritable jardinier capable de terminer un roman sans même avoir consacré 2 minutes de préparation. J’ai d’ailleurs l’intime conviction que c’est parce que je débute que j’ai encore besoin d’avoir ce filet de sécurité que représente le plan détaillé.

J’avais rédigé un article il y a trois ans sur l’importance de la préparation dans l’écriture d’un roman dans lequel j’avais partagé ma méthode de planification. Ce qui est dingue c’est que cette méthode reste globalement inchangée.

  • J’écris le pitch de mon roman : ça me permet de formaliser mon idée
  • Je crée mes fiches personnages principaux et secondaires en allant vraiment dans le détail
  • Je commence à détailler comme une bonne petite collégienne le schéma narratif. J’expose la situation initiale, je définis l’élément perturbateur, j’imagine toutes les péripéties et le dénouement final. Et ceci afin de rédiger le synopsis.
  • Puis, je décline mon synopsis en chapitres. C’est le 1er jet du chapitrage et clairement il évolue énormément. Rien que pour Epouse-moi j’avais estimé 23 chapitres et j’ai fini avec 51 chapitres. Quand je vous dis que le profil d’architecte n’empêche pas d’être en pilote automatique.

Je voulais me tester, sortir de ma zone de confort pour ce projet, mais clairement ça ne m’a pas réussi donc je vais retourner à mes fondamentaux avant de vouloir m’étendre. Et puis, je teste deux nouveautés sur ce projet, l’écriture à la 1re personne dont je ne suis pas très fan d’ordinaire et le roman polyphonique. Donc j’ai de quoi me bousculer un petit peu non ? Je tenterais le jardinage quand j’aurais 20 ans d’écriture derrière moi.

Et vous alors, êtes-vous jardinier ou architecte ? Dites moi tout en commentaires.

Crédit photo : Soham Banerjee sur Unsplash

8 réflexions sur “Architecte un jour, architecte toujours ?

  1. Architecte aussi. J’écris d’abord un résumé de quelques lignes, le début, le climax, et la fin. Ensuite, méthode flocon de neige : je grossis le résumé en paragraphes, et j’allonge encore et encore. Ils deviennent vite assez longs pour qu’ils se découpent naturellement en chapitres.
    Je me laisse de la place pour l’inconnu (par ex en écrivant « elle lui raconte ce qu’il s’est passé » où je verrais ce que j’écris sur le moment). Ça me permet d’écrire scènes par scènes, et de passer du Chap 4 ou 17 sans problème. J’avance sur un peu tout en même temps, puis je reprends du début et je complète les trous.
    Mais sans ce cap, impossible d’avancer.
    Je ne sais pas comment font ces « libérés de la plume » qui se laissent porter du début à la fin !
    Merci pour cet article !
    Rox

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Rox pour ce petit témoignage de #teamarchi. Moi aussi je me questionne également sur comment ils arrivent à tout articuler. Mais je pense sérieusement que l’expérience tient un rôle.

      J’aime

  2. « La meilleure méthode est celle qui vous correspond » c’est ce que je me TUE à dire et répéter et rabâcher aux membres du forum où je suis qui posent des questions de « comment faire ? est-ce que je fais bien ? » etc. !

    Puis alors c’est drôle parce que, je suis plutôt jardinière, mais quand j’entends parler de jardinier, dans ma tête, je vois Versailles ! On est quand même loin de la fleur qu’on laisse pousser x)

    Par contre, je ne sais pas si c’est une question de filet de sécurité… Quand je débutais, je n’utilisais rien. Maintenant, j’ai une frise chronologique, mais pas très détaillée… Je pense vraiment que chacun est différent !

    Donc moi, plutôt jardinière ! Très clairement ! Je gratte quelques trucs sur un papier, mais au final je me laisse porter. Mes chapitres c’est au feeling total et un certain nombre d’aventures aussi. Là, pour un projet intermédiaire, je suis même partie sans frise, en total liberté comme je ne le fais qu’avec mes projets exutoires ! Vais-je m’en sortir ? Je pense ! La difficulté est surtout que je me suis lancé un défi : faire tenir ça en 80 000 mots grand max seulement ! (contre : 160 000 pour Roman 1 et 2 ; 160 000 pour un projet exutoire, 134 000 pour un autre, et 210 000 pour le dernier (ouais, là je me suis clairement laissé vivre xP))

    Aimé par 1 personne

    1. Ahah les gens ont souvent besoin d’être rassuré surtout dans les débuts mais il est vrai qu’il y a beaucoup de questionnements sur des choses qui me paraissent parfois futiles genre le nombre de mots que doit contenir mon roman, ou bien le nombre de mots dans mes chapitres, juste écrit d’abord et on verra le reste par la suite. Bon courage pour ton défi, je suis persuadée que tu vas y arriver. 🙂

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      1. C’est marrant, cette idée de la méthode qui rassure, je l’ai aussi lu dans le message d’une autre autrice ! Il y a peut-être une partie de vraie, mais n’empêche que sans méthode on va nulle part (et même laisser totalement la fleur pousser, c’est déjà de la méthode).

        C’est gentil ! Moi aussi je suis persuadée que je vais y arriver ! L’écriture est bien le seul moment où je ne doute pas !

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      2. Quant au nombre de mots, de signes, de chapitres… qu’est-ce qu’on en a à faire ! ;P Dans mes deux romans, je me suis retrouvée à couper un chapitre pour en faire deux, et à ajouter 10 000 mots au premier jet de Roman 1, 3 000 au deuxième. Donc vraiment, on en a rien à faire ! Écris, et on voit après !

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