Évolution du 1er paragraphe d’Épouse-moi

Il y a un peu moins d’un mois j’ai enfin reçu le manuscrit d’Épouse-moi corrigé de la correctrice professionnelle. Pour information, j’ai eu l’idée de ce roman en 2016 et depuis il a beaucoup évolué aussi bien sur le fond que sur la forme. J’ai réalisé plusieurs phases de relecture/correction. Honnêtement, je ne les ai pas comptées, mais je pense en avoir réalisé au moins 3.

A l’origine, je pensais détester la phase de correction. En réalité, je me rends compte que c’est l’une des étapes de création que j’aime le plus. Écrire un roman, c’est long et dans mon cas c’est même très long. Il faut avoir l’idée, planifier le roman si vous êtes architecte comme moi, puis rédiger. Vous écrivez régulièrement et au bout de quelque temps vous obtenez votre premier jet. Et vous pensez que c’est terminé ? Détrompez-vous ! Ce n’est que le début. Le premier jet c’est le brouillon. Le premier jet est le diamant brut qu’il faut polir à coups de relecture et de correction. Et c’est en ça que cette phase se révèle finalement excitante. La correction c’est voir peu à peu sa création se transformer pour devenir un roman qui nous satisfasse pleinement et dont on est fière.

Après 3 phases de corrections, ce sont plus de 10 000 mots qui ont été retranchés de mon roman pour en ajouter 15 000 autres. Ce sont également des personnages qui ont disparu, des intrigues qui ont été étouffées, des passages entiers qui ont été cisaillés. Mais il y a également eu l’introduction d’autres personnages, d’autres intrigues…Plus le temps passe, plus on a le nez plongé dans son bouquin et plus celui-ci se métamorphose. Je ne vais pas parler de méthodes de correction ici, si vous écrivez et que vous êtes intéressé.e par le sujet, j’ai rédigé toute une série d’articles sur la correction disponible ici.

Pour fêter la fin de la correction officielle, j’ai donc eu envie de revenir sur l’évolution de mon incipit. Il y a quelques années, j’avais lu un article d’Astrid Stérin sur l’évolution de la première phrase et du premier paragraphe de son roman et j’ai eu envie de me prêter à l’exercice.

Alors qu’est-ce que l’incipit ? L’incipit d’un roman est tout simplement la première phrase, les premiers mots d’un roman. La réussite de l’incipit est un enjeu important pour l’écrivain, car il s’agit de la première impression que le lecteur aura de son livre. Les premiers mots peuvent même être déterminants dans la décision d’achat ou non d’un livre.

Voici en exclusivité le 1er paragraphe jamais dévoilé d’Épouse-moi (écrit en 2016)  

« Qui aurait cru qu’un mot si simple, si court, si vif que “Oui” pouvait faire naître tant d’émotions en Cynthia ? “Oui” l’un des premiers mots qu’on prononçait enfant était aussi celui qui scellait notre destin à celui d’une autre personne. Ce jour-là, Edna, sa petite-sœur, avait choisi de lier le sien à celui qu’elle considérait comme l’homme de sa vie depuis plus de deux ans. À l’aube de ses vingt ans, elle s’était éprise d’Eze, un jeune homme au sourire ravageur qu’elle avait rencontré lors de l’anniversaire d’une de ses cousines. Et pourtant cette si belle rencontre aurait pu ne jamais se faire. »

Sache que je souffle en lisant ces mots. Pourtant, il faut savoir que dans ma petite chambre universitaire je me sentais comme Chimamanda Ngozi Adichie quand j’ai commencé à écrire ce paragraphe. Le problème avec ce paragraphe est qu’il démarre sur un semblant de proverbe. On comprend qu’on est au mariage de sa petite-sœur, mais le tout manque de dynamisme. Après relecture, je me rends compte que la première phrase n’a aucun sens. À l’époque, je voulais commencer et terminer le roman par la même phrase, un procédé bancal que j’ai totalement abandonné par la suite.

Voici maintenant l’incipit actuel (et définitif normalement, mais on n’est pas à l’abri que je change d’avis)

« Un bouquet de freesias blancs et de roses mauves dans les mains, Edna se tenait dos aux femmes qui s’étaient rassemblées au milieu du parc. Les derniers rayons du soleil irradiaient sa peau d’un brun terre de Sienne que son décolleté plongeant dévoilait. Derrière elle, chacune retenait son souffle, prête à s’élancer à l’assaut du bouquet tant convoité. On ne disait pas non à la promesse d’un mariage dans l’année. »

Ce paragraphe est beaucoup plus court, plus incisif et on entre directement dans le vif du sujet avec de l’action, ce qui ajoute du dynamisme. On est directement projeté dans le mariage puisqu’on va assister au traditionnel lancer de bouquet. Puis, la dernière phrase souligne le cœur du roman l’envie quasi obsessionnelle de vouloir se marier.

C’était quelque chose que j’avais envie de partager avec vous. N’hésitez pas à faire part de vos impressions en commentaires ce que vous avez pensé de l’évolution de cet incipit. J’espère que ces quelques mots vous ont donné envie de lire la suite puisque je vous offre gratuitement le 1er chapitre corrigé d’Épouse-moi.

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Crédit photo : Timothy Eberly sur Unsplash

3 réflexions sur “Évolution du 1er paragraphe d’Épouse-moi

  1. Je trouve la première version super confuse en fait, parce qu’on parle de Cynthia, puis de la soeur, puis de la cousine, et perso j’avais pas du tout compris qu’on était au mariage ! La version actuelle est bien mieux ! De mon côté, j’ai changé plein de choses à Roman 2 (et je vais reprendre aussi Roman 1 à cause d’un problème de points de vue) mais jamais le début ! C’est plus vers la fin que je pèche !

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