Pourquoi j’ai du mal à terminer mon roman

J’ai eu l’idée de mon premier roman il y a à peu près deux ans et demi lors de mon échange universitaire en Asie. Une petite graine d’histoire qui a germé depuis. Mais voilà deux ans et demi après je ne suis qu’à la moitié de ce roman que je souhaitais tant écrire. En réalité, j’ai commencé (osé) à l’écrire en février 2018 après avoir glané toutes les infos pour commencer son roman. Même constat, ça fait bientôt un an et pourtant pas de premier jet à l’horizon. Alors oui bien sûr, je peux accuser le taff, les gros horaires, la vie, le sort mais le résultat reste le même : en un an je n’en suis qu’à la moitié de mon roman. On est bien loin des trois mois maximum pour un premier jet que préconisait Stephen King dans ses 20 conseils d’écriture. Alors vous me direz que l’écriture d’un roman n’est pas un sprint mais une course de fond dans laquelle seule la régularité paye. Mais l’impatiente que je suis a du mal à s’y faire et mourrait d’envie de tenir ne serait-ce que le premier jet de son roman dans les mains.

Avec du recul, j’ai constaté que trois raisons principales m’ont bloquée dans l’écriture de mon roman.

Le manque d’autodiscipline

L’autodiscipline est indispensable pour bien avancer dans ses projets et même bien au-delà de l’écriture.

En bonne consciencieuse, je m’efforce d’instaurer une routine créative pour avancer dans mes différents projets d’écriture. Je m’oblige à écrire au moins cinq cent mots par jour.

Écrire quotidiennement me permet de garder le fil de l’histoire et de ne pas perdre plusieurs dizaines de minutes à relire les passages précédents pour savoir où j’en suis et quelle est la suite du roman.

Malgré toute ma bonne volonté, il m’arrive de craquer face à ma kryptonite : j’ai noté Netflix. C’est hallucinant la vitesse à laquelle je peux enchaîner plusieurs épisodes d’une série et finir une saison en quelques jours seulement. Au point où j’en suis je dirai même que c’est devenu une drogue que j’ai dû mal à arrêter.

Alors vous me direz que m’enrichir d’autres histoires contribue à doper ma créativité. OK, je suis totalement d’accord avec vous. Sauf que dans mon cas, cet argument a servi de prétexte pour m’enfiler dix mille épisodes de séries et de films en tout genre. Netflix est contre-productif dans mon cas car je ne sais pas le consommer avec modération. Ce temps que je mets pour regarder les aventures d’untel est du temps que j’aurais pu consacrer à l’avancée de mon roman.

J’ai du mal à résister aux distractions extérieures parce que je ne me mets pas dans un cadre d’écriture, dans un cadre créatif. Lorsque j’écris, mon téléphone est allumé, les réseaux sociaux également. J’ai dû mal à rester de marbre face à une notification sonore. Je m’interromps et regarde de quoi il s’agit. Ce comportement me fait perdre énormément de temps.

Mon manque d’autodiscipline m’a énormément freiné dans l’écriture de mon roman mais je me soigne et je vous explique comment.

Alors que faire quand vous êtes dans mon cas ? Parce que je vous le garantis c’est une lutte de chaque instant.

Ne se concentrer que sur les bénéfices et pas sur les contraintes

Par exemple, vous avez décidé de vous lever plus tôt pour écrire avant le boulot. Au lieu de penser à vos heures de sommeil en moins, pensez plutôt que ces heures vous permettront de finir le premier jet de votre roman.

Dans mon cas, j’ai décidé de limiter Netflix à une heure par jour. Lorsque j’éteins la télé au lieu de me dire que je ne connaîtrai pas la suite de l’épisode, je préfère me dire que ce temps que je mets à profit pour l’écriture me permettra de finir mon premier jet.

Avancer petit à petit

Dans toute chose pour atteindre ses objectifs, il est recommandé de se fixer des petits objectifs réalisables à court terme pour maintenir sa motivation. Quand j’ai accepté de me rendre à l’évidence sur ma relation néfaste avec Netflix, j’ai voulu tout arrêter d’un coup. Si vous avez l’habitude de faire du binge watching, vous ne pouvez pas arrêter du jour au lendemain de regarder vos séries et vos films, vous devez y aller progressivement. Autrement, c’est la rechute assurée.

Si vous avez par exemple du mal à dégager du temps pour écrire, il vaut mieux vous fixer une séance d’écriture quotidienne de dix minutes et vous y tenir tous les jours plutôt que de vous lancer dans une séance de 3 heures qui n’arrive que tous les trois mois. Commencez par dix minutes puis vingt, puis trente jusqu’à atteindre le temps idéal d’une séance d’écriture.

Instaurer une habitude

Faites de vos nouvelles règles des habitudes. Les premiers jours seront bien évidemment compliqués mais à force de persévérance (il faut en général trois semaines pour qu’une action devienne une habitude) cette nouvelle règle deviendra une habitude et sera beaucoup plus simple à appliquer.

Le manque de planification de sa séance d’écriture

Je vous expliquais dans mon article que la planification d’un roman était une étape essentielle pour commencer l’écriture d’un roman. Préparer un plan de son livre permet de ne pas partir dans tous les sens et permet également d’éviter le manque d’inspiration et la page blanche. Dans ce même article, je vous expliquais également que je ne détaillais pas mon roman scène par scène car je suis une éternelle indécise et suis pleinement consciente que je modifierais plein de scènes à chaque fois donc je préférais m’abstenir.   

Ce dont je veux vous parler aujourd’hui c’est de la planification de sa séance d’écriture. Encore une fois, ça rejoint en partie l’autodiscipline. Planifier sa séance d’écriture, c’est déterminer les horaires de votre séance ( de 8h00 à 8h30 par exemple), le lieu où se déroulera cette séance si vous avez plusieurs lieux de prédilection (chez vous, la bibliothèque, etc…) et ce que vous allez écrire précisément lors de cette séance. C’est sur ce dernier point précis que je péchais un peu. Je ne déterminais pas exactement ce que j’allais écrire le lendemain. Résultat, certaines séances, j’étais devant mon ordinateur à réfléchir aux différents enchaînements parce que je n’avais donner que quelques détails dans la description de chaque chapitre : encore une autre perte de temps.

Je maintiens ma réticence à détailler scène par scène mon roman avant de l’écrire parce que je sais que ce sera une perte de temps. En revanche, j’ai décidé de bien planifier ma séance d’écriture en réfléchissant la veille pour le lendemain à ce que je vais écrire en détail. Je décris donc en détail une scène. Je teste cette méthode depuis deux semaines à peu près et elle me va parfaitement bien pour le moment. Espérons que ça dure !

La recherche de perfection du premier jet

Avant, je pensais que j’écrivais très lentement et j’ai fini par comprendre quel était réellement mon problème : la recherche de la perfection. Lorsque j’écrivais, j’avais tendance à rester bloquée si je ne trouvais pas la formulation parfaite, le mot ou le verbe parfait. Tant que je n’étais pas satisfaite de mon écriture, je n’avançais pas. Le faire pour un mot, ce n’est pas gênant mais s’arrêter pour une dizaine de mots sur deux pages, ça devient une sacrée perte de temps. Outre le mot parfait, je peux être à la recherche de synonymes, de faits, de dates, du coup je me lance dans une recherche internet, je tombe sur un article puis je vais en lire un autre et  un autre et ainsi de suite. Depuis quelques temps, je m’efforce donc d’écrire sans m’arrêter et ce même si j’ai un mot sur le bout du doigt.

Une leçon que j’ai du mal à apprendre : un premier jet n’est pas censé être parfait, c’est le brouillon de votre roman. Il est censé être peaufiné grâce à un travail de réécriture et de correction après l’écriture de ce premier jet. Je sais plus facile à dire qu’à faire mais il le faut pourtant si l’on souhaite terminer notre roman. Je lutte à chaque instant avec moi-même pour ne pas rechercher la perfection. Je lutte pour écrire et avancer dans l’intrigue et enfin arriver à bout de ce premier jet.

Bien qu’il ne faille pas se concentrer sur la syntaxe, l’orthographe et autre. Pour faciliter le travail de correction et de relecture par la suite, je vous conseille de faire des annotations avec des codes couleurs par type de fautes (orthographe, grammaire, syntaxe, incohérence, etc…). D’ailleurs, il ne faut jamais entamer des corrections alors que vous êtes en pleine écriture du bouquin, c’est le meilleur moyen de vous retrouver avec des incohérences et de perdre également du temps.

Ce que je veux que vous reteniez c’est que l’écriture d’un roman est vraiment une course de fond, c’est de l’endurance. C’est la régularité qui compte et qui différencie un écrivain d’une personne qui voudrait écrire mais qui ne parvient pas à terminer ses romans. Cette régularité passe par de l’autodiscipline. Dernier point, si vous êtes comme moi, relâchez la pression avec le premier jet. Écrivez et finissez ce roman.

Et vous avez-vous aussi du mal à finir vos romans ? Avez-vous déjà fini le premier jet d’un roman ?

Crédit photos : Kinga Cichewicz, woman wearing black jacket holding pen sur Unsplash

11 réflexions sur “Pourquoi j’ai du mal à terminer mon roman

      1. Je fonctionne de manière assez cyclique, des périodes d’inspiration, et des périodes de creux.
        Mais pour deux romans, j’ai eu plus de mal.
        1. Bleu du bonheur : grâce à Des mots, une histoire, mon atelier d’écriture sur mon blog (que j’ai animé pendant quatre ans) (et que je relance ce mois-ci), j’ai rédigé un court texte. J’ai décidé d’en faire un roman, une comédie romantique, parce que certains de mes lecteurs me poussaient dans cette direction. Résultat : mon récit est resté bloqué pendant neuf mois. Au moment où j’ai pris conscience qu’en réalité, je voulais en faire un roman plutôt sombre et mystérieux, les mots sont revenus.
        2. Mosaïque de toi : le roman sur lequel je travaille actuellement. J’en ai rédigé les deux premiers tiers lors de l’avant-dernier NaNo, et puis, pour des raisons personnelles, je me suis retrouvée incapable de reprendre la plume. Ce n’est qu’en juillet dernier que j’ai réussi à rédiger le dernier tiers. Relecture pendant l’été, puis passage chez mes bêtas (ça prend toujours un certain temps aussi).

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      2. Pour ton premier roman, je me rends compte que c’est vraiment hyper important d’écrire ce que l’on veut réellement et pas ce que nous dicte l’entourage ou la tendance. Merci d’avoir partagé ces raisons.

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      3. Complètement. Avant Bleu du bonheur, j’écrivais des romans et des nouvelles sombres (si on ne compte pas L’étreinte des vagues, parce que j’avais besoin de rose et de paillettes dans ma vie – je sombrais) (même si L’étreinte des vagues est assez particulier quand même, pas tout à fait rose bonbon). Depuis, j’ai écrit dans différents registres (fantastique, horreur, érotique, suspense psychologie), et j’ai même commis une comédie romantique – Mon ex se marie (et je suis invitée) – qui sort en octobre. ^^ Cependant, ma préférence va toujours au sombre, aux personnages complexes et aux troubles mentaux.
        (je ne suis pas certaine que ce commentaire soit très clair, je balance mes titres alors que tu ne me connais pas… :p )

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  1. Tous ces conseils sont super intéressants et c’est exactement mon problème que tu décris… Mon esprit divague au bout de quelques minutes et part dans des réflexions sans queue ni tête.
    Je vais devoir me poser, faire le plan de mon histoire et ensuite, comme pour mes dissertations de licence, me laisser guider par les grandes lignes et laisser le flux des mots me traverser jusqu’au clavier.

    Tes articles sont vraiment très instructifs et me ramènent à l’essentiel. Je te remercie pour ça !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup ! Je suis ravie que cet article puisse t’aider. Structurer ses idées via un plan est en effet un bon moyen de débloquer son écriture. J’espère que tu parviendras à reprendre le chemin de l’écriture. Bon courage !

      Aimé par 1 personne

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